HISTOIRE D’UNE PHOTO : LA TRANCHÉE

 

 

 

Régulièrement, je posterai des articles qui racontent l’histoire d’une photo.

Souvent né du hasard, quoi que…, le cliché initial subit des modifications, soit dès la prise de vue, comme dans le dernier post de cette série (http://coachingphotoenligne.fr/histoire-dune-photo-1/), soit en post production.

Ce qui me fascine en réalité, c’est tout le cheminement entre le moment de la prise de vue (pourquoi et dans quelles circonstances le cliché a t-il été pris ?) et la création définitive de la photo (quels choix, quelle inspiration ont guidé l’artiste ?).

En un mot, que se passe-t-il donc dans la tête du créateur lorsqu’il prend son cliché ou qu’il le façonne pour aboutir à l’œuvre finale ?

Ce sont ces histoires que je vais vous raconter. Pour l’instant, ce ne sont que mes histoires. Mais j’espère que très vite, vous voudrez bien nous faire le plaisir de partager les vôtres sur ce blog : les expériences de chacun peuvent servir à tous !

 

Le mode touriste

 

Il y a quelques temps de cela, je me promenais dans la campagne briochaine.

Comme toujours, j’avais un appareil avec moi, en l’occurrence un Nikon D80 avec son objectif 18-135mm, mais j’étais parti pour me promener. Rien de plus. Alors une photo par-ci, une photo par là, le « mode touriste » était enclenché. Je produisais des photos correctes, mais sans grand intérêt.

 

Le mode photographe

 

Mais au détour d’un chemin, mon attention fut attirée par une clôture qui se découpait en contre-jour sur un ciel chargé. Certes, ce genre de rencontre n’avait rien d’exceptionnel. Alors comment expliquer pourquoi je fus immédiatement attiré par ce sujet ? Tout ce que je peux dire, c’est qu’à ce moment-là, j’avais le pressentiment que cette image recélait un potentiel expressif intéressant. Honnêtement, à ce stade, je n’avais aucune idée précise de ce qu’allait devenir cette photo. Son potentiel, ou en tout cas, ce que je pensais être comme tel, a suffi pour me faire passer du mode touriste au mode photographe.

Je me mis donc en quête d’un cadrage adéquat. Je me suis déplacé pour ne photographier que l’essentiel. Je voulais aussi photographier ce ciel si vivant avec le poteau, les fils et les herbes qui se détachent bien dessus. Je me suis donc accroupi pour donner cet effet de contre-plongée qui donne cet aspect plus puissant à cette image (voir article sur les points de vue).

Après plusieurs essais, j’ai fini pour opter pour cette image :

 

Le mode créatif

 

Cette photo est restée dans mon catalogue un petit moment et puis un jour, presque par hasard, je suis tombé dessus. J’ai alors décidé de la travailler un peu.

Telle quelle, cette image était intéressante, mais je trouvais qu’il lui manquait un petit quelque chose. Les nuages notamment me semblaient devoir être dramatisés pour créer une image plus forte, plus inquiétante : c’est par là que cette photo pouvait révéler son potentiel.

J’ai donc retiré de la luminosité dans le bleu, qui, trop clair, nuisait à cette dramatisation. Puis j’ai augmenté les contrastes. Ces opérations ont donné cette image :

Finalement, le bleu d’encre était devenu presque noir. Avec les nuages gris et blancs et les silhouettes du premier plan, j’avais peut-être là l’occasion de créer une image en noir et blanc. Ce que je fis !

Et c’est là que le processus créatif est vraiment mystérieux ! Car juste à ce moment-là, je me suis souvenu d’un reportage que j’avais vu quelques temps auparavant sur la « Grande Guerre » et particulièrement sur l’horreur des tranchées.

Certes, la photo noir et blanc pouvait évoquer cela, en référence au film « Les croix de bois » de Raymond Bernard.

Mais j’ai eu envie de dramatiser la scène encore plus et j’ai opté pour une colorisation rouge-orangé pouvant évoquer à la fois les feux de la bataille et une ambiance de fin du monde.

Et tout naturellement, j’ai intitulé cette photo : « la tranchée ».

 

Conclusion

 

Rendez-vous compte ! Ce simple cliché, pris lors d’une banale balade de fin d’après-midi, n’avait a priori aucune chance qu’on lui consacre assez de temps pour la rendre plus intéressante.

Et pourtant, c’est ce qui est arrivé.

Pourquoi ?

  1. Parce que ce jour-là, comme toujours, j’avais un appareil avec moi.
  2. Parce que j’ai eu la chance de déceler un potentiel dans cette scène.
  3. Parce que je me suis appliqué pour le cadrage, et que j’ai plié les genoux pour changer le point de vue
  4. Parce que le hasard a fait que je suis tombé dessus alors qu’elle était plutôt destinée à l’oubli
  5. Parce que je lui ai consacré un peu de temps et d’attention.
  6. Parce que le processus de création s’est mis en route
  7. Parce qu’en reliant cette photo à un documentaire, l’inspiration est enfin venue

 

Tout cela s’est enchaîné assez naturellement, et je pense que si l’inspiration a fini par venir, c’est qu’elle devait arriver.

Sinon, quelle autre explication donner ?

 

 

Résumons :

  1. La règle absolue, c’est de toujours avoir un appareil photo avec soi
  2. Il n’y a pas de honte à se mettre en « mode touriste ».
  3. Le « mode touriste » n’empêche pas de garder l’esprit ouvert, d’être attentif à son environnement, prêt à capturer une image dont on pense qu’elle a du potentiel.
  4. On peut s’évader du « mode touriste » : pour un photographe, la recherche d’une bonne image aura toujours la priorité.
  5. Prenez des photos, même si vous ne savez pas bien pourquoi. Le temps viendra peut-être pour elles où l’inspiration vous rattrapera !

 

Et maintenant ?

 

Ayez toujours votre appareil avec vous et cherchez des images intéressantes à photographier, en variant vos cadrages et vos approches.

Surtout, faites-vous plaisir !

Puis envoyez-nous vos photos et leur histoire : nous les publierons dans ce blog !

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