Un …sujet essentiel !

 

Lorsque mes nouveaux élèves me montrent leurs photos, mis à part les quelques défauts techniques sur lesquels ils s’attendent que je réagisse, je ne leur pose généralement qu’une seule question : quel est le sujet ?

Cette question, semble anodine, pourtant, elle résume à elle seule la finalité de l’acte photographique : en partageant ses photos avec d’autres personnes, on leur donne quelque chose à voir. La question est donc : quoi ?

D’où ma question : quel est le sujet ?

Très souvent, les réponses sont confuses ou embarrassées. Et la question en agace aussi plus d’un !…

Des photos-souvenirs

Pour certains, la réponse est évidente : « ça se voit non ? C’est la photo de ma fille devant le sapin de Noël ! »

Soit, toi tu sais que tu voulais photographier ta fille devant le sapin de Noël, mais moi qui regarde la photo, je vois un sapin énorme derrière ce tout petit bébé et plein de personnes autour, dont l’une la cache partiellement. Pour moi, cette photo évoque donc davantage l’ambiance d’une fête familiale qu’une photo de ta fille.

Bon, c’est vrai que là, c’est un peu « prise de tête ! ». Car après tout, les photos-souvenirs (qui peuvent être aussi des monuments ou des paysages, photographiés lors d’un voyage ou d’une promenade par exemple) ont toute leur légitimité et, même si elles ne sont pas « parfaites », elles n’en ont pas moins de valeur à nos yeux.

Et sur cette question, croyez-moi, je suis comme vous : je ne mets par toujours autant d’application dans mes photos personnelles que dans mes photos professionnelles.

Je suis donc capable de faire aussi bien

ceci…

que cela…

Êtes-vous concernés par cet article ?

 

Mais justement, la grande différence entre ces deux photos, c’est que l’une est un souvenir personnel, pris sur le vif, sans application particulière, et que l’autre est une photo dite « artistique », entrant dans le cadre d’un projet d’expo.

Si donc je ne prends que des photos personnelles, des photos-souvenirs, même si le sujet n’est pas très bien défini ni très bien photographié, cela n’a aucune importance : je saurai le reconnaître et la valeur du souvenir sera toujours plus forte que la qualité technique et esthétique de l’image.

Si donc vous ne souhaitez réaliser que des photos de ce type, ce qui, encore une fois, est tout à fait légitime, la suite de cet article ne vous concerne pas.

Par contre, si vous souhaitez améliorer sensiblement vos photos et si vous souhaitez les porter au regard des autres, en dehors du cercle familial ou amical s’entend, la question du sujet se pose inévitablement.

La suite de cet article vous donne quatre types de sujets possibles, des plus concrets aux plus abstraits : où va votre préférence ?

 

Des photos pour montrer

Livrons-nous à un petit exercice : pour vous, quel est le sujet de cette photo ?

La réponse est facile, non ? Pourquoi ? Simplement parce le sujet occupe toute la surface de l’image sur un fond uni.

Sur cette photo, le sujet, que vous reconnaîtrez également très facilement, occupe pratiquement toute la surface et ce qui l’entoure, même s’il n’est pas uni, est assez flou pour ne pas nous distraire du sujet.
Voilà donc une première piste pour rendre le sujet évident : qu’on ne voit pratiquement que lui sur la photo ! C’est vrai que ça manque un peu de finesse, mais c’est efficace, non ?

Beaucoup de portraits sont réalisés ainsi. En voici deux exemples, l’un posé (pris avec un appareil professionnel dans le cadre d’un projet artistique), l’autre pris sur le vif avec un appareil compact :

Une autre technique, si le sujet n’occupe pas tout l’espace, consiste à l’isoler le plus possible du fond, comme sur cette photo (patience : un prochain article vous dira comment faire…) :
A contrario, plus il y a d’objets, de personnes ou d’éléments dans le cadre, plus il est difficile d’isoler un sujet précis, comme dans cette photo où le sujet est impossible à cerner : est-ce le ciel, la prairie, le cours d’eau, la poubelle, les tables, la personne assise au loin ou celle au bout de l’allée ? Il n’y a aucun parti-pris dans cette photo : en montrant tout, on ne montre rien.
Résumons :

  • plus je veux montrer un objet, une personne ou un élément dans le détail, plus il devra occuper d’espace sur la photo ou plus il devra être isolé du fond.
  • En voulant tout montrer, on ne montre rien !

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Des sujets qui évoquent

 

Continuons nos observations. Si je vous demande quel est le sujet de cette photo, qu’allez-vous me répondre ?

Il y a fort à parier que la réponse sera : une cafetière.

Pas faux !

Cependant, d’autres éléments sont bien visibles sur cette photo : une table rustique, des murs à la texture particulière, une fenêtre et ses petits rideaux qui laissent entrevoir un environnement naturel.

Le sujet est donc bien une cafetière, mais cette cafetière n’est pas photographiée comme un objet en soi : elle n’est qu’un élément, certes central, mais qu’un élément seulement d’une scène évoquant la vie dans les campagnes dans l’ancien temps.

Il est à noter que dans ce genre d’images, la composition, c’est à dire la façon dont les éléments sont agencés entre eux, est primordiale. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question.

 

Des sujets graphiques

 

Certaines photos ne prennent les objets ou les personnes que comme « matière première » pour créer des images très graphiques qui n’ont pas d’autre raison d’être que d’être de « belles images ». Comme dans ces photos :

Les sujets en « ombres chinoises » se prêtent particulièrement à ce genre de photos :
Une remarque importante à ce sujet : plus une photo est guidée par la « forme » plutôt que par le « fond », plus cette forme devra être parfaite.

Voici deux photos pour illustrer ce propos.

Sur l’une, la photo du bébé, avec un léger sourire, s’accommode tout à fait d’une certaine faiblesse technique : anse floue au premier plan, mains un peu trop présentes, etc.

Sur l’autre, par contre, dénuée de toute émotion, la symétrie revendiquée se doit d’être parfaite :

Des sujets abstraits

 

Enfin, le sujet peut aller jusqu’à l’abstraction : les éléments qui composent l’image ne sont alors utilisés que comme faire-valoir d’une image qui se revendique avant tout comme une création artistique.

Cette abstraction peut être plus ou moins prononcée.

Ces photos, par exemple, sont à la limite de la photo « graphique » et de la photo abstraite.

Celle-ci, par contre, revendique clairement un niveau d’abstraction.

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