LA PROFONDEUR DE CHAMP

 

 

Introduction

 

La profondeur de champ est une notion essentielle pour tout photographe qui veut réaliser des photos créatives.

Elle s’explique par toute une batterie de principes et de lois physiques et optiques complexes qui, si elles sont passionnantes à découvrir, ne nous aiderons pas dans notre pratique quotidienne de la photographie.

C’est pourquoi nous ne les aborderons pas ici. Mais si vous voulez en découvrir les ressorts secrets, je vous encourage à consulter le net qui regorge de diagrammes et de schéma en tous genres qui satisferont votre curiosité intellectuelle.

Voici d’ailleurs un lien qui vous permettra de commencer vos recherches : https://fr.wikipedia.org/wiki/Profondeur_de_champ

Bref, je vais vous éviter cela, qui, comme son nom l’indique, sème plutôt la confusion…

Notre approche est davantage tournée vers la pratique du photographe qui doit commencer par se poser les bonnes questions : « la profondeur de champ, qu’est-ce-que c’est » ? « A quoi ça sert » ? Et « Comment je fais » ?

C’est à ces trois questions que nous allons répondre dans cet article, d’une manière simple et pragmatique.

D’ailleurs, pour éviter de fastidieux calculs, je vous conseille de télécharger sur votre Smartphone l’application « Digital DoF » ou « Simple DoF Calculator) ou « iDof Calculator » ou une application similaire qui les exécutera pour vous en fonction de votre appareil et des données que vous lui indiquerez. Quelques images qui suivent sont une copie d’écran de cette dernière application (les calculs sont effectués pour un capteur plein format).

A la fin de cet article, je vous encouragerai à sortir avec votre appareil et tester les différentes solutions que je vais décrire ci-après.

Cette phase est essentielle, car maîtriser la profondeur de champ, comme je le disais précédemment, est absolument indispensable pour tout photographe qui a quelque ambition artistique. Elle fait partie de sa panoplie de moyens techniques, où elle figure en bonne place, nécessaires à l’assouvissement de ses penchants créatifs.

Ne pas savoir l’utiliser, avec finesse et pertinence, c’est se priver d’une grande partie de ses moyens.

Commençons donc sans attendre à étudier la profondeur de champ.

 

Qu’est-ce que la profondeur de champ ?

 

Lorsqu’on prend une photo, on fait la mise au point sur le sujet, ou une partie du sujet.

Tous les points situés sur le même plan, tracé ici en vert, seront nets.

Plus on s’éloigne de ce plan, vers l’avant (vers le trait rouge) comme vers l’arrière (vers le trait bleu), plus la netteté se dégrade jusqu’à devenir, à partir de ces limites, complètement flou.

L’espace compris entre ces deux plans (rouge et bleu) s’appelle la profondeur de champ.

La taille de cette zone est plus ou moins importante, pouvant aller de quelques millimètres à plusieurs mètres.

Le photographe a la capacité, dans certaines conditions, de faire varier la profondeur de cette zone de netteté, ou plutôt de flou acceptable. Autrement dit, il a la capacité de faire varier la profondeur de champ.

 

A quoi sert la profondeur de champ ?

 

Le choix de la profondeur de champ appartient au photographe qui peut la faire varier en fonction de ses choix techniques ou esthétiques.

Dans cette photo publicitaire par exemple, le rasoir se devait d’être entièrement net, d’où le choix d’une grande profondeur de champ :

Sur cette autre photo, tous les plans sont également nets, mais il s’agit d’un choix purement esthétique.

On peut également décider d’isoler un sujet du fond en floutant ce dernier.

Cette technique est très utilisée en portrait par exemple.

Mais le photographe peut tout aussi bien décider de flouter le premier plan.

Ce qui est important de retenir, c’est qu’il s’agit d’un choix délibéré du photographe, qui devra adapter ses choix de prise de vue en conséquence.

Ce qui nous amène à la question suivante !

 

Comment peut-on agir sur la profondeur de champ ?

 

Il y a 4 facteurs qui influencent le réglage de la profondeur de champ :

  1. La taille du capteur
  2. La distance entre le sujet et le fond
  3. La distance entre l’appareil et le sujet
  4. L’ouverture du diaphragme

 

La taille du capteur

 

A moins de changer de boîtier, le photographe n’a aucune prise sur la taille du capteur. Mais, sans entrer dans les détails pour les raisons évoquées plus haut, il faut savoir que les capteurs les plus petits, ceux qui équipent les Smartphones et les Compacts, ne permettent pas de jouer sur la profondeur de champ. Tous les plans sont nets ou presque, et il n’y a aucun moyen de changer cela.

L’effet de profondeur de champ commence véritablement à pouvoir être mis en œuvre qu’avec les appareils munis de cartes micro 4:3. Les appareils plein format sont évidemment les mieux placés pour cela (voir la vidéo sur le choix d’un appareil photo).

La distance entre le sujet et le fond

 

Toutes choses étant égales par ailleurs, il est évident que plus le fond sera proche du plan de netteté, moins il sera flou. Car si le sujet et le fond sont pratiquement sur le même plan, le fond bénéficiera de la netteté faite sur le sujet.

 

Par contre, plus il en sera éloigné, plus il sera flou.

Sur cette photo par exemple, étant au maximum des réglages qui me permettaient de réduire la profondeur de champ (photo prise à main levée, sans flash, ISO 1100, 1/30s, focale et ouverture au maximum – 70mm ouvert à f/2.8), je n’ai pas eu d’autre solution que de faire avancer le modèle par rapport au fond, que je souhaitais flouter davantage.

 

La distance entre l’appareil et le sujet

 

Le zoom pédestre

 

Dans la photo précédente, je me suis également rapproché du sujet, car plus l’appareil est près du sujet, plus la profondeur de champ diminue, devant comme derrière : la zone de netteté se resserre comme un étau autour de lui.

Avec un objectif de 50mm ouvert à f/5.6, la profondeur de champ pour une distance de 2,50 m entre l’appareil et le sujet est de 81,64 cm, alors qu’elle se réduit à 2,93 cm pour une distance de 0,50 m

En portrait, cette technique est utilisée pour mettre le focus sur une partie du visage seulement (l’œil par exemple) et flouter le reste.

La longueur focale

 

La longueur focale agit sur le rapprochement et l’éloignement du sujet par rapport à l’appareil mais sans que celui-ci bouge de place.

Il a donc les mêmes effets, en terme de profondeur de champ, que si l’appareil s’approchait ou s’éloignait physiquement du sujet.

Ainsi, plus la focale sera courte, plus le sujet semblera éloigné de l’appareil et plus il y aura de plans nets.

Placé à 2,50 m du sujet avec une ouverture à f/5.6, la profondeur de champ est infinie pour une focale de 18mm.

Par contre, plus la focale utilisée sera longue, c’est à dire plus le sujet paraîtra près de l’appareil, plus la profondeur de champ diminuera : dans les mêmes conditions que précédemment, la profondeur de champ n’est plus que de 1,98 cm avec une focale de 300mm !

Le rendu ne sera pas le même cependant, car plus la focale est longue, plus l’angle de vue rétrécit.

Ainsi, en zoomant, on élimine des éléments sur les côtés et le cadrage se resserre autour du sujet.

 

L’ouverture du diaphragme

 

L’influence de l’ouverture du diaphragme est primordiale pour définir la profondeur de champ. Elle est même tellement importante que la plupart du temps, les photographes professionnels règlent cette ouverture en priorité (« mode A : priorité à l’ouverture ») en fonction de la profondeur de champ dont ils ont besoin.

Par exemple, avec un objectif de 50mm placé à 2,50 m du sujet, la profondeur de champ à une ouverture de f/1.4 sera de 19,93 cm et pour une ouverture à f/22, de 5,13 m :

Si donc j’ai besoin de beaucoup de profondeur de champ, je règle mon ouverture sur f/11 ou f/16 ou f/22, voire davantage si mon objectif le permet et si je veux éliminer toute zone floue.

Par contre, si je veux peu de profondeur de champ, j’ouvrirai le diaphragme de plus en plus, proportionnellement à l’étendue des zones floues désirées.

Mais bien entendu, l’ouverture et la fermeture du diaphragme ont des limites qui sont celles de l’objectif : tout le monde n’a pas un diaphragme qui ouvre à f/1.2 ou qui ferme à f/64 !

Si bien que quand ces limites sont atteintes, les seules solutions sont celles évoquées précédemment, et auxquelles il faut toujours penser :

  1. Ecarter ou approcher le sujet du fond
  2. Avancer ou reculer l’appareil par rapport au sujet

 

Une question de dosage

 

Bien entendu, tous ces paramètres se complètent et se combinent pour modifier la profondeur de champ.

C’est de leur savant dosage que le photographe tire le meilleur parti de son équipement pour obtenir l’effet souhaité.

Ainsi, plus le sujet est loin de moi, plus ma focale est courte et plus je ferme mon diaphragme, plus j’ai de plans nets.

Inversement, plus je m’approche du sujet, plus j’utilise une longue focale avec une grande ouverture et plus je resserre la profondeur de champ autour du sujet, jusqu’à n’être plus que de quelques millimètres (en macro par exemple).

Sur cette photo par exemple, le focus a été fait sur les cassettes contenant les anneaux, mais il fallait doser le flou pour que l’on distingue tout de même les futurs mariés qui se tiennent la main, afin de bien établir la relation entre ces deux éléments qui se complètent (ISO 400, 1/60s, 70mm ouvert à F/2.8). C’est pourquoi on peut affirmer que la profondeur de champ est un élément de composition.

 

La mise au point sélective

 

Une façon de jouer avec la profondeur de champ, c’est de définir avec subtilité l’endroit où l’on souhaite faire la mise au point et doser le flou autour de ce point. C’est ce qu’on appelle effectuer une mise au point sélective.

La photo précédente en est déjà un bon exemple.

Mais cela se pratique aussi beaucoup lorsque le sujet fait partie d’un alignement. Le sujet est alors entouré d’un halo flou, sorte de vignetage de mise au point.

Comme dans cette photo (ISO 800, 1/250s, 300mm ouvert à f/8).

Résumons :

  1. La profondeur de champ est la zone perçue comme relativement nette de part et d’autre du sujet
  2. Le photographe peut faire varier la profondeur de cette zone
  3. Les petits capteurs ne permettent pas de jouer avec la profondeur de champ
  4. Ce qui permet de faire varier la profondeur de champ, c’est la distance entre le sujet et le fond, la distance entre l’appareil et le sujet, la longueur focale et l’ouverture du diaphragme
  5. Tous ces éléments peuvent se combiner entre eux
  6. La mise au point sélective dose la profondeur de champ avec subtilité
  7. La profondeur de champ est un élément de langage et de composition essentiel du photographe

Et maintenant ?

 

Photographiez et photographiez encore, en testant différentes combinaisons d’ouvertures, de distances ou de focales pour jouer avec la profondeur de champ. La maîtrise de la profondeur de champ est essentielle pour un photographe !

Et surtout, faites-vous plaisir !

Puis envoyez-nous vos photos : nous les publierons dans ce blog !

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