Un « cadre dans le cadre » : pour quoi faire ?

 

Pour attirer l’attention du spectateur vers le sujet de sa photo, une solution consiste à la « vignetter », c’est à dire en obscurcir les bords, de manière progressive, au moment de l’édition.

Voici deux photos. L’une n’est pas vignettée : les ruines, aux tons clairs, ne se distinguent pas de leur environnement, aussi clair qu’elles. La seconde image corrige cela grâce à son vignettage.

 

Ce cadre est assez efficace, et beaucoup de photographes l’utilisent sans modération.

Mais il n’est pas très naturel, et il y d’autres moyens de régler ce problème dès la prise de vue, ce qui est toujours préférable.

L’un de ces moyens est ce qu’on appelle, « mettre un cadre dans le cadre », c’est à dire ajouter un « cadre », qui peut être un porche, des arbres ou n’importe quoi d’autre, dans le cadre de la photo elle-même.

En voici un exemple, assez proche du vignettage, mais en version « je vignette à la prise de vue », peut-être un peu trop…

 

Préférez un cadre naturel

 

Cette astuce de composition est très connue et très utile lorsqu’un sujet risque de se retrouver un peu seul sur une image : en empruntant un cadre à son environnement immédiat, le regard est mieux dirigé vers lui, mais surtout d’une manière beaucoup plus naturelle.

L’exemple typique, c’est la carte postale où l’on voit une plage de sable fin et une mer d’émeraude « encadrés » par des palmiers.

Il est vrai que sur la photo qui suit, nous ne sommes pas à Tahiti, mais vous avez compris l’idée :

Le « cadre dans le cadre » permet de préciser le contexte d’une image ou d’en renforcer le sens

 

Le cadre dans le cadre sert donc à la fois à conduire discrètement le regard vers le sujet principal (rappelez-vous de l’importance de clairement identifier votre sujet), et à le fixer. Comme dans cette photo :

Mais il permet en même temps de situer plus facilement le contexte ou d’en renforcer le sens. C’est le cas de cette photo qui représente le chenal d’accès au port de Saint-Malo. Sans les arbres, on aurait vu des petits points lumineux sans forcément comprendre de quoi il s’agissait, surtout pour les non-initiés. Les arbres viennent rappeler que nous sommes sur la terre ferme, et que les lumières sont celles qui nous permettent d’y accéder en toute sécurité.

 

Tact et élégance : le credo du photographe !

 

Attention cependant : « trop d’effet tue l’effet » ! Il ne doit s’agir que d’un guide discret qui ne doit pas prendre plus de place que le sujet lui-même. C’est une affaire de dosage, de goût et d’esthétique, ce qui résume assez bien, à mes yeux, ce que doit être l’acte photographique.

Donc, on ne fait pas ça :

Ni ça, qui est particulièrement ridicule et maladroit :

Mais plutôt ça :

Par contre, dans certaines circonstances, le cadre, même envahissant, permet de suggérer le sujet plutôt que de le montrer. Comme la photo de cette église, pourtant pratiquement recouverte des branches de l’arbre du premier plan, mais que l’on devine doucement s’éveiller dans la lumière diffuse des brumes matinales automnales :

Parfois, ce n’est pas d’un cadre végétal dont on se sert, mais d’un cadre « en dur », justifié par le contexte de la prise de vue. Comme dans ces photos :

Résumons :

  • Le « cadre dans le cadre » sert à la fois à diriger le regard vers le sujet, à le fixer, et à préciser le contexte
  • Tout peut faire office de cadre, mais il faut en user avec tact, et seulement quand sa présence apporte un « plus » à la photo.

Alors, à vos appareils ! Et diffusez vos photos utilisant cette astuce sur ce blog (conditions d’envoi).

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